Toutes les ascensions à vélo des Alpes !

Étape 5/8 – Le Monêtier-les-Bains > Jausiers

Dans le Col d’Izoard…

Le départ

Mercredi 3 août 2022, levé à 6h45. Un levé « matinal » car aujourd’hui, il y a une grosse étape au programme : l’enchaînement de deux « 2000 » avec les Cols d’Izoard (2360 m) et de Vars (2108 m), une longue distance avec 106 km et une petite orgie de dénivelé avec 2266 m.

Et une fois n’est pas coutume, c’est le parcours V3 qui propose cet itinéraire et qu’il me faut absolument suivre si je veux respecter le tracé officiel de la Route des Grandes Alpes qui chevauchera aujourd’hui les départements des Hautes-Alpes (franchi la veille au Col du Galibier) et des Alpes-de-Haute-Provence.

Le parcours V2 propose un autre itinéraire plus « soft » avec les « Balcons de la Durance » en première partie au lieu du Col d’Izoard puis le Col de Vars en seconde partie. Philippe, Louis, Michel, les sœurs Cynthia et Sarah, Aymeric et son père Gilles (qui habituellement fait la V3 mais il s’était « réservé » pour un « petit » extra en fin d’étape…) se lanceront sur les 102 km / 1646 m de D+ prévus au programme de ce parcours V2.

Le parcours V3 sera emprunté par Paul, Ralf, Philip, Steven et Shirley, Vincent et Marion, Simon, Mathilde et donc Richard et moi.

J’ai embarqué Richard, avec qui je m’entends très bien, dans mon aventure en réussissant à le convaincre (il voulait faire au départ le parcours V2) qu’il fallait vraiment grimper le Col d’Izoard, qui est à mon avis, l’un des plus beaux cols des Alpes et du voyage. Venant tout de même du Québec (le bout du monde quoi !), il n’aurait pas beaucoup d’occasions de le découvrir une autre fois.

Pour ma part, je suis super motivé. J’ai coché cette étape qui est à mon sens, l’une des plus sportives sur le papier avec 2 longues ascensions de 20 km et 1000 m de dénivelé chacune ! Un sacré challenge pour moi que je me vois bien relever… mais ça n’allait pas du tout se passer comme prévu !

Et rien à voir avec mes douleurs aux lombaires toujours là mais qui se sont un peu atténuées grâce au massage réalisé la veille

2266 m de dénivelé positif

Richard et moi décollons à 8h de Monêtier-les-Bains. Les autres membres du groupe V3 sont partis en ordre dispersé mais nous n’avons bizarrement croisé personne par la suite. Nous nous arrêtons rapidement pour enfiler un coupe-vent car à près de 1500 m d’altitude, il fait un peu frais… paradoxal quand, en début d’après-midi, la température allait flirter allègrement avec les 40°C !

Les 15 premiers kilomètres sont très faciles car c’est une belle descente qui nous mène à Briançon. Nous tombons les coupe-vent car à 1200 m d’altitude, la température est déjà plus clémente.

Dans la Vallée de la Guisane en direction de Briançon.

Avant d’attaquer la première ascension du jour, je m’acquitte d’une tâche importante : acheter une crème solaire dans une pharmacie pour me protéger des méchants coups de soleil récoltés la veille ! Après avoir tartiné les bras, les cuisses, les mollets et le nez, me voilà paré pour la journée.


Col d’Izoard

La pharmacie étant toute proche du pied de l’ascension, Richard et moi débutons sans transition l’ascension du Col d’Izoard. Pour moi, l’une des plus belles des Alpes. Depuis Briançon, son versant Nord est plus « facile » que celui du Sud mais la grimpette propose une jolie fourchette de chiffres à prendre au sérieux : 19,2 km / 1170 m de D+ à 6,5% de moyenne pour atteindre les 2360 m d’altitude.

Mais j’ai un petit avantage : une ascension récente réalisée en 2019. Elle va me permettre d’anticiper tous les efforts à faire, de profiter des moments de récupération et surtout de savoir qu’il n’y a pas de passages trop ardus. De plus, son final tout en lacets sera tout à mon bénéfice, n’aimant pas du tout grimper les longs bouts droits.

Col d'Izoard / Versant NordCol d’Izoard – 2360 m

Distance : 19,2 km
Départ : Briançon
D+ : 1170 m
% moyen : 6,5%
% maxi : 9% sur 455 m

Le départ de l’ascension du Col d’Izoard.

Ça part assez fort dans les 700 premiers mètres avec une pente à 7% mais ça se calme à la sortie du premier lacet. Un lacet qui permet de profiter de plusieurs belles vues notamment sur la Vallée de la Durance.

Le groupe V2 doit être quelque part là-bas sur les « Balcons de la Durance », même si ça doit être sympa, j’ai été étonné que le « prestige » de l’Izoard n’ait pas attiré plus de monde que cela sur le parcours V3 mais je peux comprendre que le difficile enchaînement Izoard/Vars a pu faire « rebuter » certains surtout après déjà 4 jours de gros efforts.

Vue sur la Vallée de la Durance, le groupe V2 est sur les routes juste en face !

En poursuivant l’ascension vers Fontchristianne, Richard et moi passons en revue les différents forts qui gardent Briançon : l’Ancien Fort des Trois Têtes et l’Ancien Fort du Randouillet. La pente est plaisante, pas plus de 6,5% sur 2,2 km jusqu’à l’entrée de la Vallée de la Cerveyrette.

L’un des nombreux forts qui surplombent Briançon.

La route suit désormais la Vallée de la Cerveyrette. Durant les 1200 mètres suivants, aucune difficulté car la pente ne dépasse pas les 4,5% de moyenne.

Pas d’arrêts photos comme j’en ai l’habitude de faire, ce n’est pas trop grave, ayant réalisé un reportage photo assez complet en 2019.

C’est que roulant aussi avec Richard, que j’ai fortement motivé pour m’accompagner alors qu’il voulait initialement faire le parcours V2, je dois m’adapter à son rythme. Enfin, c’est lui qui s’adapte à mon rythme car je suis un poil plus lent que lui. Mais dans tous les cas, la montée est très plaisante et je lui annonce toutes les variations de pente à venir ce qui lui permet de prévoir les efforts nécessaires à réaliser.

D’ailleurs Richard est surpris par une descente longue de 850 m mais pas trop forte avec ses 2%. Il n’aime pas trop les descentes car il faut effectivement les remonter. Je suis d’accord avec lui mais je lui explique mon autre point de vue dans ces cas-là : quand il y a une ou plusieurs descentes dans une ascension, et bien on gagne tout de même un peu de temps et c’est toujours moins de distance à grimper !

Au terme de cette dernière, 5 km d’ascension se sont déroulés depuis Briançon. Cool, ce début assez facile nous a donné l’occasion de ne pas brûler de cartouches.

Après la descente, la pente reprend bien entendu ses droits mais de manière douce avec près de 1,1 km à 4%. C’est encore ça de pris sur les futurs efforts à fournir ! C’est au niveau de la bifurcation vers le petit hameau de Terre Rouge que la déclivité va s’accentuer à 6% durant 1150 m. Là encore, ça passe bien, la route est, certes, rectiligne mais la pente est régulière sur une route large bien asphaltée qui permet aux véhicules motorisés de dépasser les cyclistes. Ces derniers peuvent d’ailleurs utiliser une bande cyclable qui aura l’immense honneur d’être présente jusqu’au sommet du Col d’Izoard, ce qui est très rare dans les Alpes.

La déclivité décroit à nouveau, ce sera entre 3 et 5% durant 2,1 km jusqu’à Cervières. Décidément, cette première partie qui représente près de la moitié de l’ascension nous aura parfaitement convenu à ce stade du voyage, plus précisément au 5ème jour je le rappelle !

En arrivant à Cervières, comme en 2019 je me prends une jolie claque visuelle : en face, le Lasseron impose une impressionnante paroi noyée dans l’ombre à cette heure de la matinée tandis qu’à l’opposé, sur les hauteurs du village, de magnifiques rochers crénelés sont revêtus de couleurs d’or. Quelle chance pour les habitants de Cervières de vivre dans ce lieu magnifique… au prix de plusieurs batailles contre les promoteurs voulant développer des stations de ski (voir source wikipedia). C’est l’une des rares vallées des Alpes encore préservées des équipements lourds, qui s’est ouverte au tourisme d’hiver via la voie plus légère du ski de fond.

Cervières, un village qui a su garder son caractère…

Richard et moi faisons une courte pause à l’entrée de Cervières pour manger une barre de céréales tout en admirant les lieux. Je fais aussi un petit point perso sur la situation : comme en 2019, aucune fatigue et déjà près de la moitié de l’ascension derrière nous. Tout roule et je me sens prêt pour aborder la seconde partie qui va être un peu plus corsée et surtout spectaculaire !

La D902 va d’abord emprunter un grand lacet pour s’élever au-dessus de Cervières et longer dans un premier temps les pentes du Lasseron. La pente est désormais un peu plus soutenue avec 6,5 puis 7% sur les 1900 mètres suivants. Le décor est très agréable avec la route qui serpente au milieu des pâturages avec le Clot la Cime en toile de fond.

Un nouveau décor se met en place et il est assez impressionnant avec le Pic de Rochebrune et la Crête des Oules sur notre gauche.

La route nous guide vers le Laus et nous l’atteignons rapidement car nous avons droit à un nouveau replat de 250 m à 3,5%. Nous faisons une nouvelle petite pause pour refaire le niveau des bidons grâce à la fontaine disponible que je savais être là à l’entrée du petit hameau. Il n’y aura pas d’autre habitation avant le Refuge Napoléon qui se trouve bien plus haut à proximité du Col d’Izoard.

Nous reprenons notre ascension, désormais je sais que le plus dur viendra à la sortie du hameau. En effet, la pente passe rapidement à 6% sur 450 m puis à 8,5% sur les 2150 mètres suivants. Contrairement à 2019, je m’adapte à ce changement qui se passe d’abord sur une route assez rectiligne.

Quelques cargneules dissimulées dans les mélèzes à la sortie de Laus.

J’indique à Richard de prendre notre mal en patience car je sais qu’une belle série de lacets nous attend. Le décor est saisissant avec les pentes de la vallée recouvertes de mélèzes. Tout n’est que nature, pas une ligne électrique, c’est rassurant (et étonnant) de savoir qu’il y a encore des endroits assez préservés. La circulation est très modeste, nous croisons quelques rares cyclos et ressentons la beauté et la solitude des lieux. Pour ma part, je profite du bonheur d’être sur un vélo en train de faire des efforts pour vivre ce moment…

Dans le bout droit après Laus.

Ouf, enfin un lacet aussitôt suivi d’un autre vient couper le long bout droit. Même si on repart dans un dernier bout droit, ça va désormais bien mieux. Quelques hectomètres plus loin, nous attaquons désormais une magnifique série de lacets – environ 25 – qui rythmeront notre ascension jusqu’au sommet.

Pour l’instant, nous évoluons dans un milieu boisé couvert de mélèzes mais la route est large et les virages dégagés permettent d’avoir de belles vues sur les sommets environnants comme le Lasseron que nous pouvons voir désormais sous un autre angle. Un peu plus haut, la vue portera assez loin au Nord du côté de Briançon pour distinguer nettement le sommet du Chenaillet.

La pente va rester assez soutenue – entre 7,5 et 8,5% – durant 5,2 km jusqu’au sommet. Mais elle est très régulière et le rythme des lacets sur un très bon asphalte rend la progression assez facile. De plus, le passage le plus difficile est à 9% et s’étale seulement sur environ 450 m.

On a attaqué la série de 25 lacets qui offrent quelques belles vues…
Par là-bas, c’est la frontière avec l’Italie…

Richard et moi progressons régulièrement, les jambes tournent parfaitement. Je suis content de ne pas ressentir de méforme pour l’instant, la température est encore agréable pour l’instant.

À la sortie d’un lacet, une petite ligne droite se présente, il ne reste plus que 3 kilomètres. Ça sent la quille, nous aurons même droit un petit replat. La forêt va s’éclaircir peu à peu et laisser la place aux pâturages puis aux sommets qui entourent le Col d’Izoard.

La petite ligne droite, plus que 3 kilomètres…

Quelques instants plus tard, nous apercevons l’un des endroits marquants du Col d’Izoard : le Refuge Napoléon. Nous allons y faire une pause… elle est la bienvenue car subitement je commence à un peu à faiblir lâchant quelques mètres à Richard…

6 refuges du même nom ont été édifiés dans les Alpes du Sud par Napoléon III pour satisfaire les voeux de son oncle Napoléon 1er. Celui d’Izoard est le plus connu d’entre eux et a le mérite de proposer une belle histoire (vous pouvez voir ce joli reportage sur youtube).

Le Refuge Napoléon est en vue…
Content de faire très bientôt une pause (photo de Richard).
Le Refuge Napoléon, le plus célèbre des 6 refuges du même nom construits dans les Alpes.
Avec Richard, un sympathique duo franco-québecois !

Tout au long de la semaine, les discussions ont été passionnantes avec Richard. Il est Québécois, habitant à Montréal, et m’a raconté de belles anecdotes sur son pays, distant de 5400 km et où l’on parle le français sur un continent où les langues officielles sont essentiellement l’anglais et l’espagnol ! À bientôt 60 ans, il a vécu plusieurs vies et a déjà voyagé avec son vélo dans les Alpes, les Dolomites, la Toscane, les Pyrénées, … impressionnant ! Une force tranquille sur le vélo comme je le verrai un peu plus tard dans l’après-midi… En attendant, tout heureux de cette belle montée, il m’a remercié de l’avoir motivé en m’offrant une délicieuse… tarte aux myrtilles ! Merci à toi aussi Richard !

Et bien sûr, je ne rate pas la tarte aux myrtilles !

Après cette pause, nous reprenons notre route pour terminer l’ascension du Col d’Izoard. Dans les derniers hectomètres, nous pouvons admirer un des éléments naturels les plus étonnants des Alpes et qui sont généralement attribués au Col d’Izoard : les casses (nom que l’on donne aux pentes d’éboulis) et les cargneules (nom que l’on donne aux pitons rocheux). Si cet élément est très présent dans le final du versant Sud avec la fabuleuse Casse Déserte, il l’est aussi dans celui du Versant Sud.

Richard dans les derniers hectomètres…
Décor grandiose dans les derniers lacets…
Encore un lacet pour atteindre le Col d’Izoard (sur la gauche, juste au-dessus de Richard).
Une vue magnifique sur les derniers lacets…
Photo-souvenir avec le final du versant Nord en toile de fond.
Aucun regret, Richard a été très heureux de s’offrir cet Izoard.

Nous voilà au Col d’Izoard à 2360 m d’altitude. Bizarrement, ce n’est pas la cohue au col, c’est un peu normal car il y a de gros travaux pour réaménager le col. Par contre, c’est un peu loupé pour faire de belles photos-souvenirs car un grillage empêche l’accès, et un peu la vue, à la fameuse stèle.

Je repense aussi au fait que c’est mon troisième passage. La première fois en grimpant depuis Guillestre, remonte déjà il y a 17 ans en 2005, j’étais encore novice dans les grandes ascensions… la seconde fois en 2019 depuis Briançon… ça s’est bien passé pour ces 3 tentatives, comme quoi ce Col d’Izoard me réussit bien !

Mon troisième passage.

Comme Richard et moi avons fait une bonne petite pause juste avant le sommet, on s’y arrête juste le temps de faire 1 photo-souvenir. On file dans le versant opposé mais dans un premier temps, on ne descend pas trop vite, c’est qu’il y a un beau spectacle à observer avec la fameuse Casse Déserte !

Dans les premiers hectomètres du versant opposé, cette fois-ci on est bien dans les Alpes du Sud.
Le Col de la Platrière qu’il faudra franchir avec une courte remontée…
Au milieu de la Casse Déserte, la célèbre Stèle Coppi-Bobet.
La Casse Déserte et ses impressionnantes cargneules.

Après quelques arrêts photos obligatoires et une petite remontée vers le Col de Platrière – 2220 (pas de photo, le panneau en bois a disparu), cette fois-ci on amorce la vraie descente vers la Vallée des Arvieux. Avec tous ces lacets et une pente assez forte avec ses 8-9%, il faut être prudent et les nombreux freinages font mal aux doigts. Je m’autorise une brève pause dans un lacet pour prendre une belle photo de la Vallée des Arvieux et aussi pour détendre un peu les mains.

Il est près de midi et demi, le soleil tape fort rendant la chaussée brûlante, je me suis donc aussi méfié des risques liés aux éventuelles plaques de goudron fondu… j’en ai eu un assez mauvais souvenir il y a quelques années lors d’une descente dans le Col de la Madeleine, je n’ai pas eu d’accident mais quand vous vous arrêtez pile contre un muret situé dans un lacet en ne contrôlant quasiment rien sur 50 mètres… eh bien ça a été un vaccin assez efficace !

La Vallée des Arvieux.
L’un des nombreux lacets du Col d’Izoard.

Dans la descente, je croise quelques cyclistes qui montent, je les plains un peu, ce versant Sud est exposé plein soleil et la température est nettement montée au-dessus des 30°C à cette heure de la journée (il est près de 12h45), ça doit être dur… si je savais ce qui allait m’arriver un peu plus tard…

Au terme d’une belle série de lacets, Richard et moi arrivons dans la Vallée des Arvieux et là on peut lâcher un peu les freins et s’offrir quelques belles pointes de vitesses sur une descente rectiligne. Brunissard, la Chalp et Arvieux sont traversés de façon subliminale ! C’est l’une des rares fois où j’ai pu m’offrir un petit moment d’ivresse dans une descente !

La Vallée des Arvieux se termine au croisement avec la D947. À gauche, c’est direction Col Agnel et l’Italie (encore un bon petit souvenir en 2019), à droite, c’est direction Guillestre via la Combe du Queyras puis les Gorges du Guil, c’est par là que l’on va aller.

Intersection avec la D947, on aperçoit Château Queyras.

Lorsque Richard et moi suivons la D902, un élément assez marquant s’est mis en place : un fort vent de face et très chaud qui allait rendre notre progression assez pénible les 17 km jusqu’à Guillestre. Pourtant, connaissant bien les lieux pour y être passé 2 fois en 2019, je précise que c’est en général un long faux plat descendant qui devait être facile à négocier… eh bien il nous a fallu généreusement pédaler pour pouvoir avancer à une allure convenable !

Ce point négatif cumulé avec la chaleur du vent qui me desséchait sur place – malgré que je busse régulièrement – m’a pompé inconsciemment une bonne partie de mon énergie et c’est à ce moment que j’y laisserais de belles plumes pour la suite…

Bon, dans « mes belles Alpes », il y a un point positif pour contrebalancer ce petit malheur : d’abord on franchit sans effort le Col de l’Ange Gardien (1347 m) avant de plonger dans la sympathique Combe du Queyras suivi des impressionnantes Gorges du Guil que nous suivons le long du Torrent du Guil (qui donne quelques envies de s’y rafraîchir).

Dans la Combe du Queyras.
Dans les Gorges du Guil (photo de Richard L.).
Dans les Gorges du Guil, la route est très pittoresque avec quelques tunnels.
Dans les Gorges du Guil, on aperçoit des sommets du Massif des Écrins.

En arrivant à Guillestre, ma barre d’énergie est un peu basse et une chaleur étouffante tend à me faire sentir pas trop en forme… de plus, il est prêt de 13h15 et la faim se fait nettement sentir !

Mais un contretemps allait changer notre programme de la journée. On tente de contacter notre guide Renaud pour savoir où se trouvait le lieu du pique-nique mais il tarde à répondre… on descend jusqu’au bas de Guillestre près du pied du Col de Vars.

Renaud nous rappelle enfin mais il y a un problème : après avoir alimenté tous les membres des groupes V3 (le groupe V2 mangera dans un restaurant à Ste-Marie dans le Col de Vars) – Richard et moi étions les derniers – il est parti avec Paul à Embrun pour faire une réparation sur une roue cassée (il avait déjà eu un problème de roue lors de la première étape, décidément) ! À 10 minutes près, on a raté notre pique-nique !!! Mauvais timing et problème de communication qui nous fait perdre bien 20 minutes en attendant cette annonce…

Nous n’allons pas attendre Renaud qui ne sera pas de retour avant une bonne heure et demie au moins…, Richard et moi adoptons un changement de plan en allant à Guillestre pour nous trouver un petit resto. Il est 13h40 (déjà), ce sera en terrasse au O’délices et on se console facilement en se disant qu’on peut bien s’offrir un petit moment de plaisir pour cette grosse étape.

J’abuse de ce plaisir – et j’avais une grosse faim – en commandant un hambuger local, une « tuerie » qui allait littéralement m’achever un peu plus tard ! Richard, qui a plus d’expériences que moi dans les voyages, prend une simple salade, si j’avais su, je l’aurais imité…

Un hamburger local qui va être dévastateur !!!

Le problème du restaurant est que c’est toujours un peu trop long : notre repas a duré bien 50 bonnes minutes, ajoutées aux 20 minutes précédent notre arrivée à Guillestre, cela fait une pause de 1h10 qui a « refroidi » nos muscles…

Il est près de 14h20 quand on reprend la route et là tout est allé de travers pour moi. D’abord, il fait une chaleur de dingue, près de 35°C et le soleil à son zénith se démène aux fourneaux pour tenter de cuire tout ce qui se trouve à la surface de la terre ! Mentalement, je prends déjà un éclat…

Ensuite, il nous faut remonter une méchante rampe pour rejoindre le pied du Col de Vars et là, je sens tout de suite que rien ne va, je n’ai pas de jus… Richard de son côté, va bien, il supporte bien mieux que moi la chaleur… je n’arrive déjà pas à le suivre, ça me démoralise un peu… on se retrouve au rond-point qui marque le début de la seconde ascension de la journée.


Col de Vars

Nous voilà au pied du Col de Vars, cette ascension, avec le Col d’Izoard dans les jambes, fait figure d’épouvantail avec pratiquement le même menu : près de 20 km d’ascension, plus de 1000 m de dénivelé et un « 2000 » à franchir. Mais son profil est différent en proposant 4 parties de difficultés inégales. J’avais surtout retenu que la première était monstrueuse avec 7,3 km à 8% de moyenne !

J’ai déjà gravi ce versant mais ça remonte à mes débuts en vélo de montagne : en 2005 et c’était mon troisième « 2000 », j’en avais un peu bavé mais j’étais beaucoup plus jeune ha ha ha ! J’ai aussi grimpé l’autre versant en 2010 qui est plus « facile ».

Dans tous les cas, j’avais quand même hâte de grimper à nouveau ce versant Nord pour raviver mes vieux souvenirs. Je voulais aussi réussir ce bel enchaînement Izoard-Vars qui aurait eu de la « gueule » sur mon CV cycliste !

Mais rien n’allait se passer comme prévu…

Col de Vars – 2108 m

Distance : 21,8 km
Départ : Guillestre
D+ : 1102 m
% moyen : 6,5%
% maxi : 9,5% sur 1615 m

Richard prend une photo dans les premiers mètres de l’ascension puis repasse devant moi. Impossible de le suivre, je n’ai pas de jambes du tout, je vais monter à ma main pour gérer ce problème… Richard s’éloigne de moi, au bout d’une minute je ne le vois déjà plus !

Dans les premiers mètres du Col de Vars (photo de Richard)…

Bon là, je sens que je suis vraiment en galère, toutes les pensées se bousculent en ayant perdu soudainement toute envie de faire des efforts : et si c’était mon hamburger/coca qui me pèse un peu trop sur l’estomac ?… tiens, il n’y a vraiment pas d’ombre dans ce début d’ascension ?… je croyais qu’il y en avait !… bon sang, je n’avance pas, j’ai rien… pfffff, pfffff, mais qu’est-ce qu’il fait chaud… mon compteur… 37°C, ça chauffe… mais c’est quoi ça ?! Ça passe à 38°C ! Mais ce n’est pas possible, maintenant c’est 39°C !!! Mais je ne vais pas monter 20 km avec cette température, ce n’est pas possible…

Au bout de 1 kilomètre, je m’arrête, tout s’effondre.

Il y a un petit parking en terre, je me réfugie à l’ombre d’un arbuste puis je m’allonge pour refroidir la chaudière… j’ai un peu la nausée… je fais un rapide diagnostic, j’ai déjà connu ça (en 2014 et 2017), je suis en train de faire une insolation !

Bon, c’est bien la première fois mais là je vais faire une sieste pour calmer tout ça… allez un petit quart d’heure… après on verra… ça va me prendre du temps cette ascension après… j’ai déjà connu des galères… peut-être que ça ira un peu mieux… comment va Richard ? J’espère qu’il ne galère pas trop… mais qu’est-ce qu’il fait chaud… pfffff, ça va être long cet après-midi, je ne vais pas être rentré avant au moins 19h… pourquoi il fait chaud comme ça ?…

La capture Google Street View montrant l’endroit où je me suis arrêté…

Je somnolais vaguement depuis 10 minutes puis un évènement inattendu allait changer la suite de mon programme : Renaud, étant revenu à Guillestre après avoir dépanné Paul et m’ayant aperçu allongé et s’en ayant inquiété, fait aussitôt un arrêt.

Il me demande si ça va… je lui explique mon état… il me propose d’emblée de me prendre… je réfléchis très vite : OK !

Parce qu’à cet instant, mon moral n’était pas au beau fixe et que je n’avais pas les moyens physiques de réaliser correctement cette ascension… que même si je me forçais à la réaliser, dans quel état j’allais me trouver pour la suite du voyage ?! Il restait 3 étapes et dans mon inexpérience dans ce type de voyage – même si le choix a été très difficile pour moi – il fallait faire une croix sur cette ascension pour préserver mes chances pour la suite !

L’échec était dur à encaisser mais il fallait suivre la voie de la raison…

Je mets le vélo dans la remorque puis monte dans le trafic au côté de Renaud. Tout en penchant ma tête au travers de la vitre pour me rafraîchir, ça me fait vraiment tout bizarre, je n’aurais jamais pensé finir dans le camion-balai ! Dans tous les cas, à la vue de la terrible pente exposée plein soleil, je me demande comment j’aurais fait et cela me conforte dans mon choix…

Je surveille aussi où en est Richard… wouah, on met un petit moment avant de le rattraper ! Il avait déjà grimpé les 3/4 de la première partie. On fait un arrêt, d’abord pour lui annoncer mon abandon puis pour lui donner le contenu de mon bidon qui contenait encore de la poudre Isostar. Ça le dépannait bien car il n’avait plus « d’électrolyte » (c’est drôle d’utiliser ce terme, je crois que ça fait partie du charme de la langue « québécoise » !).

En repartant, je l’encourage du mieux que je peux, me sentant un peu honteux de l’avoir abandonné, je m’en veux, je l’ai embarqué dans cette grosse étape qu’il ne voulait pas faire à la base… mais quel guerrier, cette journée a été longue pour lui mais il est allé au bout !

Pour ma part, en compagnie de Renaud, je « monte » tranquillement le Col de Vars et profite du paysage. Je l’apprécie beaucoup, moins sauvage que le Col d’Izoard, il propose tout de même de beaux points de vue notamment dans la fin de la première partie où l’on a des vues plongeantes sur la Vallée de la Durance et le Massif des Écrins.

Au 5e kilomètre, vers les hameaux de Moureisse et des Champets. La route passe en lacets sur la butte en face (photo Philippe).
Vue sur le Massif des Écrins (photo Philippe).
Au PK6,4 (photo Philippe).
Fin du replat (seconde partie) à Ste-Marie pour le groupe V2. De dos, Aymeric et Sarah (photo Philippe).
Au PK13,4, la Station de Vars, pas une des plus belles des Alpes au niveau esthétique… (photo Philippe).

Renaud et moi rattrapons plusieurs membres du groupe V2 au niveau du Lac Napoléon (alt. 1990 m). Philippe, Louis, Michel, Cynthia et Sarah vont bientôt en terminer dans ce final (Aymeric est déjà arrivé au sommet) qui propose une pente pas trop difficile mais qui doit quand même peser dans les jambes après 16,7 km d’ascension et près de 1000 m de dénivelé.

Au PK16,7, le Lac Napoléon (photo Philippe).

En les dépassant, je les encourage. Ils sont surpris de me voir dans le camion balai… Renaud et moi filons vers le sommet. Quelques instants plus tard (il est 15h45), le Col de Vars est atteint à 2108 m d’altitude dans des conditions que je n’aurais jamais imaginées au départ de cette étape !

Par contre, comme il ne restait plus que de la descente jusqu’à Jausiers, je choisis sans hésiter de terminer l’étape à vélo ! Après cette « pause forcée », j’ai repris des forces et je voulais m’offrir au moins une descente en live ! Je récupère mon vélo et Renaud part à Jausiers. Je note qu’il y fait bien plus « frais » à cette altitude, 30°C tout de même mais rien à voir les 40°C au bas de l’ascension !

Je rejoins Aymeric qui était donc déjà au sommet pour attendre avec lui Philippe, Louis, Michel, Cynthia et Sarah qui sont arrivés quelques instants plus tard.

Philippe dans les derniers mètres.
Comme le Col d’Izoard, le parking est en cours de réaménagement et ce n’est malheureusement pas très chouette.
Ma pomme au Col de Vars, celui-ci ne comptera malheureusement pas !
Sarah veut absolument me donner de l’eau… je n’ai aucun mérite, mais merci, c’était très gentil de ta part (photo Philippe) !
Photo-souvenir au Col de Vars, chercher l’intrus ! De gauche à droite, Cynthia, Sarah, Louis, Michel, Aymeric, Philippe et moi-même (photo Philippe).

La fin de l’étape

J’ai donc retrouvé tous les membres du groupe V2 et après une petite pause, on va attaquer la descente du versant opposé, qui sera longue de 22 kilomètres jusqu’à Jausiers. Avant de me lancer, j’ai une pensée pour Richard qui doit être à la moitié de l’ascension… j’ai bien des remords de le savoir tout seul dans la montée ! Mais ce n’est pas le dernier car il y a Paul qui s’était fait dépanner par Renaud et qui a donc démarré l’ascension à Guillestre bien plus tard.

Dans les premiers mètres de la descente, nous quittons les Hautes-Alpes pour les Alpes-de-Haute-Provence.
Nouveau décor avec, en face, la Tête de Vallon Claous (2945 m).
Au milieu de presque nulle part, la Chapelle de Ste-Marie-Madeleine. Elle est enfouie dans la neige une bonne partie de l’année.

La descente est dans un premier temps vertigineuse. Sur près de 5 km, la pente oscille fortement entre 8 et 10,5% mais la route est assez large et a bénéficié d’un asphalte récent de belle qualité, garantissant à coup sûr plus de sécurité.

Le décor est de toute beauté, on s’en prend plein les yeux avec les sommets environnants qui culminent à près de 3000 mètres. Par contre, on voit nettement qu’on est bien dans les Alpes du Sud car il n’y a pas de glaciers et aussi, malgré la très haute altitude, pas de neiges éternelles ou de névés qui ont dû fondre avec le réchauffement climatique bien qu’elles soient encore présentes lors de mon passage en 2010…

Dans la descente du Col de Vars, au fond, au centre, la Tête de la Courbe (3084 m) et sur la gauche le Brec de Chambeyron (3389 m) qui marque la frontière avec l’Italie.
Sarah négociant un beau lacet dans la descente du Col de Vars.

Les affaires se calment à St-Paul-sur-Ubaye et nous rejoignons par la même occasion la Vallée de l’Ubaye. Philippe toujours en bon capitaine de route opère un regroupement à la sortie du dernier tunnel qui permet de franchir un resserrement de la vallée (appelé le Pas de la Reysolle).

On file ensuite en peloton bien groupé, rejoindre la D900 où la descente ne ressemble plus qu’à un faux plat. J’aurais bien voulu au moins faire une pause photo du spectaculaire Fort de Tournoux (découvert lors d’une visite incroyable en 2013) mais je souhaite rester avec le groupe pour profiter de l’effet peloton.

Et le rythme est un poil rapide, tout le monde veut en finir rapidement avec cette étape. Je reste sagement à l’arrière car j’ai encore les jambes un peu molles mais en profitant de l’aspiration, je peux tenir sans trop de problèmes jusqu’à Jausiers où le terminus se situera à l’Hôtel Bel’Air qui servira cette fois-ci de base commune à tous les membres du groupe.

Il est 17h… normalement j’aurais dû arriver 2 heures plus tard ! Après avoir fait le traditionnel combo douche / lessive, j’ai une pensée pour Richard et espère qu’il ne galère pas trop dans le Col de Vars et qu’il ne rentrera pas trop tard… il arrivera finalement vers 18h. Je suis rassuré, seulement 1 heure après mon arrivée, il m’a épaté !

On se retrouve avant le repas du soir autour d’une bonne bière… Richard a finalement bien apprécié la journée et ne regrette pas du tout cette sacrée journée qui sera sûrement en bonne place dans sa bibliothèque de souvenirs !

Pour ma part, oui bien sûr, le bilan est mitigé avec une belle ascension du Col d’Izoard et un gros raté dans le Col de Vars ! Au final, 94,5 km, 1467 m de D+ et 5h04 de selle. À l’heure où j’écris ces lignes, j’enrage un peu de ne pas avoir pu enchaîner le Col de Vars, avec l’expérience et l’envie que j’avais, cet objectif était totalement dans mes cordes. Je m’attendais à avoir quelques passages à vide mais de là à rater complètement une ascension ! C’est vraiment cette chaleur infernale qui m’a mis KO.

Mais j’accepte aussi la voie de la raison qui m’a sûrement sauvé du déraisonnable : une terrible ascension du Col de Vars où je n’aurais absolument rien apprécié et où mon début d’insolation aurait pu être aggravé (par exemple pour celle que j’ai connue en 2016 : vomissements, vertiges et une incroyable fatigue qui m’a mis complètement à plat pendant une semaine…) et peut-être compromis ma forme pour la suite du voyage.

Et il reste encore 3 bonnes étapes à venir… d’ailleurs, l’étape du lendemain proposera un peu le même menu de ce jour avec encore une chaleur épouvantable en guise de hors-d’œuvre… mais l’expérience de cette journée me servira bien !

Ma chambre et sa minuscule salle de bain à l’Hôtel de Bel’Air.

Jen profite aussi pour applaudir l’un des membres du groupe, Gilles, qui s’est offert en bonus de son étape, la monstrueuse ascension de la Cime de la Bonette ! Pour garder toutes ses chances, il a choisi le parcours V2 puis a réalisé dans la foulée depuis Jausiers en aller-retour une sacrée grimpette : 23,2 km / 1588 m de D+ à 7% de moyenne ! Petites précisions qui ont leur importance : la Cime de la Bonette est la mecque du cyclo-grimpeur et avec ses 2802 m, c’est la plus haute route asphaltée de France !

Gilles à l’arrivée de la Cime de la Bonette à 2802 m (photo Gilles).

Suite du voyage avec l’étape 6…


Vous pouvez télécharger le tracé GPX à l’aide du parcours Openrunner :

  1. Salut Joris 🙂

    Ah quel récit une fois de plus !! Moi je pense que ton soucis dans le col de Vars c’est soit le fromage dans le burger, soit un manque de chocolat quelque part 😀
    Tu as bien fait de ne pas prendre de risques et de ne pas compromettre la suite du voyage.
    Le col de Vars n’est pas celui qui me laisse les meilleurs souvenirs dans le secteur.
    En tout cas quelle chance d’avoir pu profiter de l’Izoard sans trop de monde !! 🙂
    Les photos sont superbes !!
    Hâte de savoir si il reste des myrtilles pour que tu puisses avoir une part de tarte le lendemain ! 😀

    • Hello Idris 🙂
      Merci pour ton sympathique commentaire, comme d’hab 😉
      C’est bizarre, personne ne l’aime ce Col de Vars ! Pourtant, j’avais vraiment envie de le faire !
      J’ai oublié de préciser dans mon récit que si Renaud le guide ne s’était pas arrêté… et bien je n’aurais pas eu le choix que de le grimper quand même !
      Quand je me suis allongé pour récupérer, j’avais comme plan de faire une sieste de 30 minutes puis de grimper coûte que coûte quitte à m’arrêter tous les kilomètres !
      Et puis des fois, on n’est pas bien sur le moment puis on se refait la fraise quelques instants plus tard, c’est parfois bizarre le vélo, tu connais ça !
      Ha ha ha pour les myrtilles, tu verras dans le prochain récit s’il en restait 😀

  2. Lesueur Jacques & Joëlle

    Encore une étape que je n’oublierai pas, car au début tout allait bien et j’ai apprécié les paysages, même si la montée et la chaleur étaient importantes.

    Oui, je comprends ton désarroi lié à ton abandon partiel… mais je sais que tu referas sans doute ce col qui te tenait beaucoup à coeur.

    J’ai également constaté que tu n’étais pas seul et de t’avoir fait de nouveaux amis.

    Bravo pour ton commentaire. Papa.

  3. Olivier

    Bonjour Joris,
    Encore un magnifique photo reportage. Déçu pour toi, que tu n’ais pas pu accomplir cette étape dans son intégralité, mais tu as bien fait d’écouter la voie de la sagesse, et c’était bien la seule décision à prendre.
    Ces chaleurs récurrentes deviennent un vrai problème pour la pratique sportive. Pour ma part je n’arrive pas à m’en accommoder, et je suis très matinal pour tenter de les contrer.
    Paradoxalement l’Izoard ne figure pas à mon palmarès, parce que la seule fois où j’ai réalisé cette ascension, j’ai bien dû m’arrêter 3 ou 4 fois parce que je n’arrivais plus à pédaler. Je me souviens m’être arrêté dans la descente au refuge Napoléon parce que trop froid (entre 3 et 6°C au sommet, 1ère quinzaine de juillet en 2001).
    A l’inverse, Vars m’a laissé un meilleur souvenir le lendemain, car c’est ce jour-là que j’ai compris qu’il fallait faire preuve d’humilité devant « dame » montagne. Les années qui ont suivi, je n’ai plus jamais rencontré de souci, sauf en 2003 dans le col de la Ramaz aux alentours de midi sous le cagnard. Mais là c’est un autre problème évoqué plus haut que j’ai découvert cette année-là.
    Hâte de lire la suite de ton aventure qui, je crois, doit emprunter le magnifique col sauvage de la Cayolle et ses marmottes qui vous guettent au sommet. Fabuleux souvenirs.

    • Bonjour Olivier,
      Merci pour ton sympathique message.
      Oui, je suis comme toi, je ne supporte pas très bien la chaleur !
      Quand je suis en vacances dans les Alpes, comme toi, je m’arrange effectivement pour partir à la fraîche. L’essentiel des efforts ont été ainsi fait avant le coup de chaud de l’après-midi.
      Pour la Route des Grandes Alpes, le timing était bien différent : heure de départ moins matinale (les petits déjeuners dans les hôtels ne sont pas servis avant 7h) et la seconde ascension arrivait donc en milieu de journée au plus fort des effets de la canicule mais pas le choix !
      Oui, le lendemain, c’était passage par le sublime Col de la Cayolle, un de mes cols préférés… à venir bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén