Le Col de la Colombière, un gros morceau pour cette première étape !

Le départ

Samedi 30 juillet 2022, le grand jour est arrivé ! Lever à 7h30, douche, j’enfile ma tenue, je déguste tranquillement un bon petit-déjeuner puis je me rends avec mon épouse Corinne au point de rendez-vous prévu à 9h à la gare de Thonon-les-Bains. J’arrive avec une bonne demi-heure d’avance et je me rends compte que je suis le premier sur place !

Et pendant un bon quart d’heure, aucun membre du groupe n’arrive… mini-moment de panique… et si je m’étais trompé de date, d’heure ou de lieu de RDV ?! Pendant que je revérifie mes mails de confirmation… débarque de la gare 2 cyclistes avec leurs bagages… ils doivent à coup sûr faire parti du groupe, ouf je suis rassuré ! Finalement, tout le monde se pointera seulement vers 8h55 ! Et notre guide seulement vers 9h10… un tout « petit » retard qui allait avoir de grosses répercutions sur le déroulement de cette première journée…

Départ depuis la gare de Thonon-les-Bains.

J’aborde les 2 premiers cyclistes, l’un est de nationalité Suisse mais originaire de la partie romande et l’autre est Allemand. Les premières présentations se déroulent en… anglais ! Argh, je ne possède qu’un tout minuscule niveau d’anglais (oui oui, allemand en 1ère langue et espagnol en seconde… drôle de choix… et en plus j’ai complètement oublié ces 2 langues !), ça va pas être facile de se causer durant la semaine, d’autant qu’un couple d’Anglais, un Allemand et un Québécois (bilingue bien entendu) viendront compléter la partie internationale de notre groupe. Bien sûr, la langue anglaise étant utilisée dans le monde entier et bien… point de notion de français pour eux !

Tout le long de la semaine, beaucoup de conversations seront en anglais, je me suis débrouillé en utilisant mon jargon d’anglais (j’ai du écorcher plus d’une oreille !), en faisant appel aux traducteurs (les Français qui maîtrisaient bien la langue) et l’appli Google Traduction !

Corinne me sauve la mise en me servant de traductrice et je fais donc connaissance de Paul (Suisse) et Ralf (Allemand). Nous serons 18 cyclistes sur ce voyage + 2 accompagnatrices. En plus des 2 premiers cités, voici un petit récapitulatif des membres du groupe :

  • D’abord Philippe (accompagné de son épouse Corinne), Michel (accompagné de son épouse Sylvie) et Louis. Ce sont 3 amis qui se connaissent. Corinne et Sylvie feront le voyage avec leur voiture personnelle.
  • Richard (Québécois)

Je roulerais assez souvent avec eux tout au long de la semaine.

  • Gilles et Aymeric, cette aventure sera l’occasion pour le papa de rouler avec son fils
  • Cynthia et Sarah qui sont soeurs
  • Philipp (Suisse allemande)
  • Steven et Shirley, un couple d’Anglais
  • Vincent et Marion, un couple
  • Simon et Mathilde, 2 amis qui se connaissent
  • et moi-même

Il y a tous les âges : Cynthia, Sarah, Aymeric, Simon et Mathilde sont dans la vingtaine, Paul, Ralph, Philipp, Vincent et Marion dans la trentaine, Louis, Richard, Gilles et moi-même dans la cinquantaine et Philippe, Michel, Steven et Shirley dans la soixantaine, Michel est le doyen avec ses 64 ans.

Nous serons encadré par notre guide Renaud de l’agence Vélorizons.

Dernières vérifications des vélos…
Prêt pour réaliser un voyage de 700 km / 15 000 m de D+ !
Le camion d’assistance avec sa remorque pour le transport des bagages.

Renaud se présente timidement, c’est sa première expérience dans l’accompagnement d’un groupe cycliste traversant la Route des Grandes Alpes. Mais avant de charger nos bagages, il y a un moment de flottement avec la mise en place du programme de la journée : le vélo loué par Sarah, l’une des soeurs, a été oublié à Chambéry, où se trouve la maison-mère de Vélorizons !!! Panique assurée pour Renaud qui a beaucoup de mal à trouver une solution pour Sarah qui sur le moment, l’avait mauvaise ! En urgence, Sarah arrivera à louer un vélo à Thonon-les-Bains pour la matinée… pendant ce temps-là, Renaud devait retourner à Chambéry chercher le vélo !!! Mais cette première journée n’allait pas être de tout repos pour notre guide…

Pendant ce temps-là, l’heure tourne et il est temps de démarrer… les 2 groupes sont rapidement mis en place : le V2, dont je ferais parti aujourd’hui, pour l’enchaînement Col de Jambaz + Col de la Colombière et le V3 pour Col de Joux-Plane + Col de la Colombière (pour l’explication des V2 et V3, se référer à la page intro).

Pour le parcours V2, il est prévu 84 km / D+ 1958 m (données Vélorizons).
Au final, je ferais 89,5 km / D+ 1983 m.

1983 m de dénivelé positif

Un au revoir à ma chère et tendre épouse Corinne (qui me rejoindra 8 jours plus tard à Cagnes-sur-Mer) et me voilà parti pour la Traversée des Grandes Alpes… l’émotion est incroyable !

Dès les premiers coups de pédales, j’ai cette sensation de partir dans l’inconnu, de se demander si je vais réussir, de sentir mon cœur battre un peu fort… puis à la sortie de Thonon-les-Bains, lorsque de tourner tranquillement les jambes dans les premières rampes du Col de Jambaz, de voir les premiers sommets alpins, de me sentir à nouveau très heureux de revoir “mes” Alpes, la perspective de franchir de beaux cols… je prends définitivement la résolution de profiter à fond de cette merveilleuse aventure !


Col de Jambaz

À la sortie de Thonon-les-Bains, après avoir brièvement dit au revoir au Lac Léman, on emprunte la D26 et on se retrouve très rapidement au calme. Idéal pour s’organiser et grimper tranquillement la première ascension de la journée :

Col de Jambaz – 1027 m

Distance : 24,3 km
Départ : Thonon-les-Bains
D+ : 631 m
% moyen : 3%
% maxi : 6% sur 535 m

Initialement, jusqu’à Cluses, l’itinéraire officiel de la Route des Grandes Alpes emprunte la Vallée de la Dranse via la D902 et franchit le Col des Gets puis le Col des Chatillon. J’ai choisi exceptionnellement de faire l’impasse sur ces 2 cols pour les avoir déjà gravis et les ascensions des versants Nord n’ont rien d’exceptionnelles (par contre, les versant Sud sont bien plus intéressants). Je savais aussi qu’il pouvait y avoir beaucoup de circulation et que ce ne serait pas très idéal pour débuter ce voyage.

Mon choix était aussi motivé par le fait que je n’avais jamais fait le Col de Jambaz et que ma curiosité était bien forte pour le découvrir… et bien je n’ai pas été déçu !

Je suis placé à l’arrière du peloton, histoire d’observer les membres du groupe et de voir comment est le rythme. C’est tranquille pour l’instant et ce sera comme cela jusqu’au sommet. Cool, ça me va très bien, parfait pour s’échauffer et prendre la température des premières sensations.

Notre groupe est composé de Philippe, Michel, Louis, Richard, Aymeric (son père Gilles est parti avec le groupe V3), Steven, Shirley et moi-même. Sarah et sa soeur Cynthia, retardée par le problème du vélo, feront aussi le parcours V2. Shirley et Aymeric sont à l’avant et le reste suit sagement. Tout le monde se parlotte un peu. Il y a Steven l’Anglais qui me lance une « tirade », ha ha ha j’ai rien capté mais c’est drôle il me cause comme si je comprenais tout ! Je saisi quelques mots, je crois avoir un peu saisi le sens : son sourire m’indique qu’il est bien heureux d’être là !

On se retrouve au calme sur la D26 à la sortie de Thonon-les-Bains.
On découvre nos premiers sommets alpins.
Vue sur des sommets marquants du Massif du Chablais.

Entre Thonon-les-Bains et Reyvroz (11,3 km), nous roulons en parallèle de la Vallée de la Dranse sur laquelle nous avons de belles vues plongeantes. Bon choix que ce Col de Jambaz, le paysage présente une belle allure campagnarde où tout est encore vert malgré la sécheresse qui sévit cet année 2022. La route est nickel, la pente oscille alterne les replats et les passages un peu plus « corsés » à 5/6% et la circulation automobile est quasi absente !

Après Reyvroz, la D26 va remonter doucement la Vallée du Brévon en passant par Vailly et Bellevaux. Les 13 kilomètres restants jusqu’au Col de Jambaz seront sans difficultés, la route alternant légères descentes et remontées n’excédant pas les 4,5%.

Les sommets marquants de l’autre côté de la Vallée de la Dranse avant de bifurquer dans la Vallée du Brévon.
Nous rencontrons nos premiers proches reliefs…, ici la Grande Pointe des Journées.
Nous prendrons à gauche de cette montagne en direction de Bellevaux.
J’aime beaucoup ces sommets qui me rappellent ceux du Massif de la Chartreuse ou du Vercors.
Bellevaux.

À la sortie de Bellevaux, le final est en vue et est rapidement avalé car il est assez facile à l’image de toute l’ascension. C’est même sur une portion quasi plate que nous atteignons le Col de Jambaz à 1027 m.

L’ascension que nous venons de faire, était à l’honneur lors du Tour de France 2022.
Le hameau de Jambaz, le final est très facile !
Tout le monde a le sourire !
Arrivée au Col de Jambaz.
Col de Jambaz – 1027 m : check !
Premier col d’une longue série !
Vue très sympa côté Est du col.

Tout le monde a la banane et est content d’avoir réalisé cette jolie ascension. Bon, facile il faut l’admettre parce que le suivant sera d’un tout autre acabit ! Mais cela a été une belle occasion de s’échauffer, de faire tourner tranquillement les jambes, de voir si le vélo allait bien, de faire un peu connaissance avec les membres du groupe. La température a été idéale jusqu’à maintenant… Allez hop, c’est reparti pour une belle descente jusqu’à Marignier où nous devons faire notre pause déjeuner.

Ça file vite ! Pour l’instant, je ne souhaite pas lâcher le groupe pour profiter de l’aspiration mais du coup, ce n’est pas évident de prendre le temps de faire quelques photos. On passe en coup de vent Mégevette, Onnion, St-Jeoire. À partir de ce dernier, on peut s’offrir de belles vues sur la Chaîne du Bargy. Je suis désormais en terrain connu ayant réalisé quelques petits séjours très fructueux en juin 2019, 2020 et 2021.

Onnion.
Vue sur la Chaîne du Bargy, derrière se trouve le Col de la Colombière.

On arrive à Marignier. La pause déjeuner est prévue sur la parking de la gare mais il y a un problème… notre guide Renaud n’est pas au rendez-vous ! Rappelez-vous, il devait aller chercher le vélo loué de Sarah à Chambéry… un sacré trajet depuis Thonon-les-Bains puis de Chambéry à Marignier. Il est environ 11h45, c’était évident qu’il n’aurait pas eu le temps de le faire en près de 2h. On le contacte, il pense en avoir encore pour une bonne heure. L’attente est trop longue, on décide de ne pas attendre et de manger finalement au bar-restaurant situé juste en face de la gare.

Une boisson, une salade et un dessert au menu requinque tout le monde mais au total, la pause aura duré près d’1h30, pas top, on s’est un peu refroidi et il va falloir remettre en route la machine pour le Col de la Colombière…

Pause à Marignier (de gauche à droite : Steven, Aymeric, Myself, Louis, Richard, Shirley, Michel).
On commande le déjeuner (de gauche à droite : Richard, Shirley, Michel, Philippe)…

Au moment de repartir, nous voyons arriver Cynthia et Sarah. Cette dernière a donc pu louer un vélo à Thonon-les-Bains et a pu démarrer avec sa sœur, le voyage en grimpant comme nous le Col de Jambaz mais avec 1h30 de retard… Renaud, notre guide, n’est toujours pas là… le groupe V3 non plus ! C’est que ce dernier a du se coltiner le très difficile Col de Joux Plane depuis Morzine. Ils auront aussi le petit Col de Chatillon à franchir avant de rallier Marignier. Puis ce sera la montée commune avec notre groupe : le Col de la Colombière.


Col de la Colombière

Vers 13h20, la température a déjà bien grimpée autour des 28°C mais ça reste supportable, cette première étape sera la « moins » chaude du voyage.

On peut se remettre en jambe entre Marignier. Je reconnais très bien des sommets comme en face de moi, les Petit et Grand Bargy du côté de la Chaîne du Bargy, sur ma droite, la Pointe d’Andey et sur ma gauche du côté de Cluses, le Mont Orchez qui surplombe le Col de Chatillon.

Depuis Marignier, on peut distinguer le passage du début du Col de la Colombière.

Nous voilà à Marnaz, un panneau « Col de la Colombière » indique une bifurcation à droite, c’est parti pour la seconde ascension de la journée ! Et à coup sûr, avec ses 1112 m de dénivelé à 7,5% de moyenne répartis sur 15,1 km, cela allait être une autre paire de manche par rapport au Col de Jambaz !

Col de la Colombière – 1613 m

Distance : 15,1 km
Départ : Marnaz
D+ : 1112 m
% moyen : 7,5%
% maxi : 12,5% sur 240 m

Marnaz, pied de l’ascension, sera inédit pour moi. Ayant gravi le Col de la Colombière la première fois en 2009 mais avec un départ depuis Cluses puis une autre fois en 2019 toujours depuis Cluses mais en passant par le Col de Romme, je ne connais pas le départ… un lecteur m’avait fait part qu’il était difficile mais je ne m’étais jamais penché sur la question… et bien j’aurais du car j’ai été sacrément surpris assez rapidement !

En effet, une belle rampe tape d’emblée dans la pente et nous voilà direct sur du 9% ! Environ 200 m après, on arrive à une chapelle que l’on doit contourner par un petit rond-point. Je suis en queue de file. Ne connaissant pas les lieux, j’étais resté sur le second plateau et en passant sur le petit… je déraille ! Peste, je dois remettre la chaîne en place mais le groupe ne voyant pas mon problème poursuit sa route. Tant pis, je m’attendais à faire des ascensions en solitaire pour pouvoir monter à mon rythme…

La petite chapelle de Marnaz.

Je remets sans trop tarder la chaîne en place puis je repars. Le tarif est toujours élevé pour la pente, voir même plus avec une déclivité moyenne qui passe de 10 à 12,5% sur 550 m… ouch, les cuisses brûlent ! Un replat de 200 m à 6% me sauve la mise et me guide vers Blanzy où je retrouve l’itinéraire officiel en retombant sur la D4. Dans tous les cas, je peux affirmer que le départ depuis Cluses est beaucoup plus cool que cette variante depuis Marnaz !

À partir de Blanzy, révisons nos classiques : c’est un long passage de 4,2 km qui n’est pas très intéressant car la route se faufile dans l’étroit passage de la Vallée du Foron du Reposoir. Cette dernière offre très peu de vues qui sont masquées par une forêt assez dense. Par contre, la déclivité est assez soutenue : entre 7 et 8%. Mais elle est régulière et ça me va bien pour l’instant d’autant que je profite de l’ombre qui propose un petit peu de fraîcheur.

Après Blanzy, la pente est à 8%.
Neyrolles, une petite éclaircie avant de replonger dans la forêt.
Route large ombragée, asphalte nickel, pente régulière, tout va bien !

Puis à l’issu de ce passage soutenu, la pente lâche très rapidement du lest, on passe sans s’en apercevoir quelques pignons supplémentaires pour accélérer la cadence… la portion suivante – 2,7 km à 2/3% – donnera bien raison au Reposoir, village étape de cette ascension, avec son nom très évocateur.

Le Reposoir, un petit coin de paradis !
On sort de la forêt et un beau décor se met en place…
La Chapelle du Bienheureux Jean d’Espagne.
L’église St-Jean-Baptiste et la Chaîne du Bargy en arrière-plan.

En arrivant à l’entrée du Reposoir, je m’étais promis une chose pour mon troisième passage dans ce village : aller jeter un coup d’œil à l’Ancienne Chartreuse du Reposoir ! Même si ça allait me coûter un peu de mon énergie, j’étais très curieux de la voir de près après l’avoir déjà aperçue de loin lorsque l’on aborde les lacets au-dessus du village dans la dernière partie de l’ascension du Col de la Colombière.

Au centre du village, je prends à gauche la D204. Une voie me mène à un virage à droite où il me faut mettre petit plateau pour grimper une bonne rampe qui frise bien les 9%. Ce n’est pas trop long et à la sortie d’un lacet, je découvre l’Ancienne Chartreuse du Reposoir. Que c’est beau, l’imposant monastère étant situé au pied de la Pointe d’Almet et étant mis en valeur par un joli plan d’eau ! C’est une jolie découverte, pas mécontent de mon petit effort !

L’Ancienne Chartreuse du Reposoir est située dans un écrin naturel magnifique !
Elle abrite désormais un Carmel depuis 1932.

Après avoir observé les lieux (le plan d’eau regorgeait de poissons !) et avalé une barre de céréales, je repars en retournant au Reposoir. Après la descente rapide, c’est parti pour la dernière partie de l’ascension du Col de la Colombière. Et fini la promenade, c’est désormais du lourd qu’il va falloir grimper : 7,3 km à… 8,5% de moyenne !

Mais pour avoir grimpé ce versant il y a seulement 3 ans, je l »ai encore bien en tête, ce qui me permet de prévoir les étapes-clés de ce final : les 3 lacets qui s’élèvent rapidement au-dessus du Reposoir, le bout droit qui s’ensuit avec sa pente bizarre au niveau de St-Bruno (avec un court passage à 12% qui scie les cuisses, les habitués savent de quoi je parle…), les 2 lacets au niveau du Téléski de Plainejoux où on peut se détendre un peu avec ses 7,5% (enfin pour ceux qui peuvent !), puis le panneau qui annonce les 3 derniers kilomètres et la possibilité d’avoir le sommet du col (si loin, si proche avec se fameuse cabane…) où la pente sera implacable en passant à 9,5% de moyenne avec une pointe à 10,5% dans les 800 derniers mètres… oui, un des finals les plus durs des Alpes ! On pourrait aussi affirmer que c’est le plus dur de la Route des Grandes Alpes, pas mal pour le second col de ce voyage !

Dans un lacet au-dessus du Reposoir, on peut voir le Col de Romme.
Puis dans un autre lacet, quelle superbe vue !
Le petit chaînon montagneux qui s’étire le long de la Haute Vallée du Grand Foron entre les Chaînes du Bargy et des Aravis.
À chaque fois que je vois ce panneau, je me réjouis et m’inquiète à la fois !
L’un des sommets marquants la Chaîne du Bargy.
Au début des 3 derniers kilomètres, on le Col de la Colombière en visu mais…
… il semble à la fois si loin, si proche !

Pour ma part, je suis pas trop mal… mais je grimpe lentement pour gérer mon effort, c’est que demain il faudra remettre ça et le lendemain encore… ça tire pas mal dans les 3 derniers kilomètres les plus durs, je sollicite beaucoup le dos… je ne le sais pas encore mais cela me portera préjudice pour la suite de la RGA…

J’atteins enfin le sommet du Col de la Colombière, content d’en finir ! Je le retrouve à nouveau après 2019 (versant Nord), 2020 (versant Sud) et 2021 (versant Sud). Avec celui de 2009 (versant Nord) et ce jour (versant Nord), c’est mon cinquième passage ! C’est aussi le col que j’ai le plus grimpé à ce jour dans les Alpes.

Arrivée au Col de la Colombière, c’est Aymeric qui me prend en photo !
Arrivée côté Nord.
Arrivée côté Sud.
Sous le regard de la Pointe Blanche (à droite) et du Pic de Jallouvre (à gauche).
Col de la Colombière : check… et mon cinquième passage !

Pour ceux qui se posent la question de savoir pourquoi j’ai retenu l’altitude de 1613 m pour mon profil, voici ma réponse : personne ne s’est mis d’accord pour l’altitude du Col de la Colombière : 1607 m pour IGN, 1618 m pour le panneau du col et 1613 m pour le Club des Cents Cols ! J’ai retenu cette dernière pour faire la moyenne !

Je découvre que les membres du groupe attablés au bar-restaurant du col. Il y a Philippe, Louis, Michel, Richard, Aymeric, Steven et Shirley. Ils sont tous content de me revoir et moi aussi. Ils sont arrivés depuis déjà une grosse demi-heure. Je commande rapidement une tarte aux myrtilles dont un copain (coucou Benoît !) m’avait vanté les mérites… Accompagné d’un rafraîchissant Perrier, je me suis régalé, expérience à renouveler !


La fin de l’étape

Mais je n’ai pas trop le temps de me prélasser, les membres du groupe me proposent gentiment de finir l’étape en leur compagnie. Allez c’est parti pour une belle descente jusqu’au Grand-Bornand.

Je la connais bien, l’ayant empruntée après l’avoir grimpée en 2020 et 2021. La route est large et bien asphaltée, idéal pour ne pas se faire peur. Ça file vite… je préfère la prudence comme d’habitude et puis j’aime profiter du paysage qui est magnifique de ce côté-ci avec notamment la Chaîne des Aravis en point d’orgue.

Prêts pour une belle descente (Michel au premier plan, puis Philippe et Louis) !
La première partie de la descente mène au Chinaillon.
Chalets traditionnels du hameau de Cuillery.
Le Grand-Bornand et la Chaîne des Aravis en arrière-plan.

Au Grand-Bornand, personne ne s’arrête. Je passe rapidement devant la boulangerie où je me suis régalé de bons sandwichs avec mon beau-frère (coucou Seb) en 2020 et 2021. La station est vite traversée et à sa sortie, je sais qu’il y a un encore un petit effort à fournir avant de rallier La Clusaz : grimper le Col de Saint-Jean-de-Sixt. Oh après s’être coltiné le Col de la Colombière, rien d’extraordinaire avec 1,4 km à 5% et c’est passé comme une lettre à la poste. Là aussi, personne ne s’arrête mais je pense qu’il n’y avait que moi qui connaissait l’existence de ce col. Clic-clac, une photo souvenir tout en essuyant la pancarte !

Col de Saint-Jean-de-Sixt : check (si si ça compte !)

Le col est situé à l’entrée de St-Jean-de-Sixt, un village un peu particulier étant à la croisé de plusieurs axes : la Vallée du Nom qui débute à Thônes, la Vallée du Borne qui débute à St-Pierre-en-Faucigny et enfin à l’entrée d’une cluse (désigne la partie d’une vallée généralement rétrécie) qui va nous guider à La Clusaz, terme de cette étape.

Philippe, qui a pris naturellement les rênes du groupe V2 (ce sera mon leader spirituel pour le reste du séjour, toujours attentif à chacun, un mot gentil, des encouragements et quel cycliste !), a marqué une pause pour rassembler les troupes. On repart donc tous ensemble pour les derniers tours de roues avec un bon faux plat montant de 1,6 km à 3,5/4% me brûle un peu les cuisses (signe qu’il est quand même temps d’en terminer !) suivi d’un replat de 1 km à 1,5% jusqu’à l’entrée de la Station de La Clusaz.

Entre Saint-Jean-de-Sixt et La Clusaz.
J’ai les cuisses qui brûlent mais j’arrive à suivre Louis.
La très jolie Station de La Clusaz.

À l’entrée de La Clusaz, il nous faut encore grimper une petite rampe de 400 m à 7%. Celle-là je la connaissais aussi… mais pas la suivante pour joindre l’hôtel où l’on devait loger ! C’est grâce à un policier municipal en VTT électrique qui joue le guide touristique que l’on doit se farcir un abominable raidard (en sens interdit ha ha ha) d’environ 160 m à près de 10% ! Cet ultime effort est récompensé par l’arrivée à l’hôtel Beaulieu, point final de l’étape du jour.

Je suis un peu fourbu mais heureux de cette première étape. Faisons les comptes : 89,5 km, 1983 m de D+ en 5h07 de selle.

3 cols franchis :

  • Col de Jambaz – 1027 m
  • Col de la Colombière – 1613 m
  • Col de Saint-Jean-de-Sixt – 956 m
Point final de l’étape devant l’hôtel Beaulieu.

Nous rangeons rapidement nos vélos dans un local dédié. Tout les membres du groupe V2 sont heureux, ceux du groupe V3 arriveront environ seulement 1/4 d’heure après nous mais il y a un hic : Renaud notre guide n’est pas encore là !

Rappelez-vous, ce matin il était reparti à Chambéry récupérer le vélo loué par Sarah… autant vous dire qu’il a eu une dure journée ! Une fois le fameux vélo chargé dans la remorque, il a ensuite rallié Marignier. Il est arrivé au moment où le groupe V3 en avait fini avec sa première partie de l’étape (Col de Joux Plane et Col de Chatillon) et qui a donc pu profiter du pique-nique.

Les 2 soeurs Sarah et Cynthia étant déjà sur place (elles étaient arrivées peu avant notre départ de Marignier), il a ainsi pu donner le vélo à Sarah. Mais il devait ramener à Thonon-les-Bains l’autre vélo loué ! Mais mais mais, il devait auparavant dépanner Paul qui avait un problème avec sa roue et qui était resté bloqué dans la descente du Col du Joux-Plane !!!

Au final, nous avons du patienter près de 1h45 que Renaud arrive ! Pas du tout top pour s’offrir un repos bien mérité, d’autant que nous avions une piscine à disposition dont nous n’avons pas pu profiter (sauf Philippe, Michel et Louis car leurs bagages étaient transportés par les accompagnatrices Corinne et Sylvie).

Le temps de récupérer mon bagage et la clé de ma chambre, il est déjà 19h quand j’en prends possession. Bon, je me dis qu’effectivement c’est un bon loupé pour ce premier jour. Je décide de me pas prendre la tête et que ça faisait parti des quelques désagréments qui peuvent arriver sur un voyage.

Vue sur la Chaîne des Aravis depuis l’hôtel (au centre la Grande Balmaz – 2616 m).
Vue sur l’Étale (2483 m) depuis l’hôtel.

Heureusement, ces petits tracas sont en partie effacés lorsque je découvre ma chambre qui est superbe et confortable. J’ai aussi une grande salle de bain dans laquelle je file immédiatement prendre une douche salvatrice !

Trop cool la chambre avec sa déco montagnarde !
La salle de bain, vraiment top !

Après la douche, je n’ai pas encore le droit de me poser car c’est la mise en place d’une activité que je répéterai tous les soirs : le lavage de la tenue vélo ! En effet, j’ai emporté seulement 1 tenue de rechange (plus une en mode hiver en cas de jour de pluie), donc il me faut laver ma tenue du jour pour qu’elle puisse bien sécher dans la nuit et l’avoir pour le surlendemain.

Pas toujours facile dans le lavabo (certaines salle de bain en avaient un tout petit !), ça m’a pris à chaque fois un bon quart d’heure. Je disposais à chaque fois le tout sur des cintres et les pendais dès que possible à la fenêtre pour que ça sèche plus vite (bon avec la chaleur qu’il a fait toute la semaine, c’était plutôt en mode sèche-linge !).

Allez je peux m’allonger sur mon lit (double !) un petit quart d’heure, ah ça fait du bien ! Puis je descends au bar-restaurant de l’hôtel pour m’offrir une délicieuse bière pression en compagnie des collègues. Le dîner sera servi à 20h15. Pas de pâtes au menu mais c’était très correct et avec de bonnes portions qui auront remplis le ventre de chacun.

Je me suis retrouvé attablé avec le couple d’Anglais Shirley / Steven et Richard le Québécois avec lequel j’ai beaucoup sympathisé ! Il m’a raconté un tas d’histoires très intéressantes sur son pays. Étant bilingue de par son affiliation avec le Canada, il m’a aussi servi d’interprète au près des Anglais ha ha ha. J’ai appris qu’ils habitaient à Halton près de Manchester. Le repas se termine vers 22h. Tout le monde ne traîne pas et regagne sa chambre pour se coucher le plus tôt possible afin d’être le plus en forme possible pour la seconde étape.

Détente et apéro avant le dîner.

Pour ma part, je ne me couche pas tout de suite. Je déguste un petit café tout en étudiant l’étape du lendemain entre La Clusaz et Bourg-Saint-Maurice qui sera intense avec l’ascension de 3 cols (Aravis, Saisies et Cormet de Roselend) et près de 2500 m de D+ au programme.

Puis après avoir lu quelques pages du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski, je m’assoupis vers 11h30 pour rêver de ma belle journée…

Suite du voyage avec l’étape 2…