Le final du versant français (photo cyclotourisme.guillestre-tourisme.com)

Le final du versant français (photo cyclotourisme.guillestre-tourisme.com)

Le Col Agnel (en italien Colle dell’Agnello), à 2 744 mètres d’altitude, relie la France et l’Italie. On peut dire qu’il est assez méconnu car assez enclavé et souvent détrôné par son voisin plus prestigieux au niveau touristique -le Col d’Izoard – mais il présente pourtant de beaux attraits : il est le deuxième plus haut col routier des Alpes françaises derrière le Col de l’Iseran (2 770 m) et le deuxième plus haut col routier des Alpes italiennes derrière le Col du Stelvio (2 757 m) et c’est une ascension hors normes aussi bien sur le versant français que le versant italien.

VERSANT GUILLESTRE
FRANCE

Ceux qui connaissent cette ascension diront qu’elle débute à Ville-Vieille. Mais pour rejoindre ce lieu, vous n’aurez pas d’autres choix que ceux de passer par le Col d’Izoard depuis Briançon ou bien de remonter une bonne partie  de la Vallée du Queyras depuis Guillestre dont je vous propose le profil complet.

Depuis Guillestre, comptez sur une longue, très longue ascension de 41,6 km pour 1790 m de D+ à 5% de moyenne. Ne vous fiez pas à ce dernier chiffre trompeur, retenez surtout que les 8 derniers kilomètres sont à 8,5% de moyenne le tout au-dessus des 2000 mètres d’altitude !

Nous pouvons découper l’ascension en 4 parties :

  1. De Guillestre à Ville-Vieille (21 km), vous remonterez la Vallée du Queyras en longeant le Torrent du Guil sur une pente sans grande difficulté si ce n’est les passages de 2 cols : 1,1 km à 7% pour le Col de l’Ange Gardien (1347 m) et 700 m à 5,5% pour le Collet (1390 m) situé au centre de Château-Queyras.
  2. De Ville-Vieille à Pierre Grosse (8 km), vous quittez la Vallée du Queyras pour emprunter une autre vallée, celle de l’Aigue Blanche. Cette fois-ci, vous entrez dans le vif du sujet avec des pentes comprises en 7 et 8,5% de moyenne. Quelques replats dont un de 900 m à l’approche de Molines-en-Queyras vous permettront de gérer cette partie.
  3. De Pierre Grosse jusqu’à proximité de l’Oratoire de Notre-Dame du Berceau (4,1 km), vous emprunterez encore une nouvelle vallée, celle de l’Aigue Agnelle que vous remonterez sur une pente comprise entre 2,5 et 5,5% de moyenne. Profitez de ce replat pour reprendre des forces, passer les 2000 d’altitude et être prêt à affronter le final.
  4. Le final (7,7 km), dans un magnifique décor avec le Col Agnel en ligne de mire, consiste à gravir quelques lacets souvent assez longs sur une pente avoisinant souvent les 9% de moyenne. Comptez aussi sur une gros passage de 600 m à 10% sous le Refuge du Col Agnel. Les 1400 derniers mètres sont à 9% de moyenne, ouf vous serez bien content d’avoir atteint le Col Agnel à 2744 m d’altitude !

VERSANT CASTELDELFINO
ITALIE

Le versant italien démarre à Casteldelfino depuis le Val Varaita. Une longue montée vous attend avec 22,4 km pour 1467 m de D+ à 7% de moyenne. Son final est encore plus dur que celui du versant français : 9,4 km à 10% de moyenne !!!

Note d’Alpes4ever : à défaut de n’avoir pu relever des données IGN italienne (le geoportail italien ne propose qu’une topographie très imprécise), le profil présenté plus bas a été réalisé à l’aide de données récupérées sur le site ciclomaniac. Cependant, après étude, l’altitude de départ – 1280 m – semble avoir été défini non pas à Casteldelfino (env. 1300 m) mais en amont (env. 1,2 km). En effet, j’ai mesuré la distance entre l’entrée de Castelfino et le Col Agnel et je me retrouve avec 21,2 km. Il me manque donc 1,2 km par rapport au 22,4 km du profil de ciclomaniac. Les descriptifs sur ce versant sont rares, je vous propose donc de lire le compte-rendu de EricAtomic :

« Le versant Italien est quant à lui plus irrégulier mais les pourcentages maximum sont beaucoup plus insoutenables que le côté Français. Comme pour le côté Français, le départ souvent évoqué à Casteldelfino n’est pas le pied réel qui se situe en fait à Piasco. Le kilométrage est donc d’environ 51 km.

De Piasco à Casteldelfino, il s’agit d’un faux plat montant, peu difficile mais qui peut s’avérer déterminant sur la fin. À la sortie de Casteldelfino, l’ascension se corse sérieusement sur les 5 km suivants avec une pente régulièrement à 7-8 % mais qui s’atténue peu avant le joli village de Pontechianale. On passe devant le Lac de Castello, grand barrage de la rivière Varaita di Chianale, puis la pente oscille à nouveau franchement pendant 2 km jusqu’à ce qu’elle s’atténue encore.

On passe à côté de l’étonnant village de Chianale, l’équivalent de Bonneval-sur-Arc dans l’ascension du Col de l’Iseran en France. La route est typique des ascensions de cols d’Italie : une route pas très large avec une bande blanche continue de chaque côté et une route de bonne qualité, d’un excellent rendement. Elle s’élargit un peu en passant à côté de Chianale, avec une bande blanche au centre. Ca semble bête de le préciser mais pour les cyclistes il le faut, car cette partie est un précieux repère. 

En effet, la pente grimpe « gentiment » à 5 % jusqu’à un virage à gauche où on peut admirer la belle cascade de la rivière Varaita di Chianale. C’est ici que la « promenade » se termine ! La route se rétrécit, la bande blanche centrale disparaît et on voit la route se cabrer fortement : il reste 9 km jusqu’au sommet avec une pente moyenne de 10 % ! Autant dire qu’il faut s’accrocher pour tenir le choc ! Les pourcentages les plus forts dépassent même plusieurs fois les 10 % pour atteindre jusqu’à 17 % sur mon Garmin ! Cette toute petite route serpente plus que du côté Français, elle décrit de beaux lacets, un régal pour le cycliste fan de montagne. La pente s’atténue très légèrement dans les derniers hectomètres mais le « travail de démolition » des jambes est fait !

Cette route est impressionnante par sa pente mais aussi parce qu’on est vraiment au bord du ravin par moment, c’est très sauvage. On côtoie de superbes paysages montagnards avec des vues sur le Pic d’Asti et le Pain de Sucre.
Ce versant Italien est un sacré colosse !« 

Au sommet, un beau point de vue est offert : à l’horizon, la Barre des Écrins, le mont Pelvoux et la Meije (tous ces sommets à plus ou moins 4 000 m) ; sur la frontière, vraiment tout proches, le Pain de Sucre (3 208 m), belvédère très fréquenté l’été par les randonneurs et le pic d’Asti (3 220 m) réservé aux alpinistes ; du côté de l’Italie : le mont Viso (3 841 m) est assez proche.

Massif d'Escreins

Massif d’Escreins

Col Agnel / Versant GuillestreVERSANT GUILLESTRE
FRANCE

Distance : 41,6 km
Départ : Guillestre (Vallée du Queyras)
D+ : 1790 m
% moyen : 5%
% maxi : 10% sur 600 m

Col Agnel / Versant CasteldelfinoVERSANT CASTELDELFINO
ITALIE

Distance : 22,4 km
Départ : Casteldelfino (Val Varaita)
D+ : 1467 m
% moyen : 7%
% maxi : 14% sur 500 m